Résumé
Introduction
À l’occasion du 10ème anniversaire de la stratégie Impact Green Bond, Alban de Faÿ, Responsable des Investissements Obligataires Responsables et Gérant Crédit, a partagé auprès d’Environmental Finance son analyse de l’évolution du marché des obligations vertes et des actions initiées par Amundi pour maintenir son leadership dans ce domaine.
Entretien avec Alban de Faÿ, Responsable des Investissements Obligataires Responsables et Gérant Crédit
Cette année marque le dixième anniversaire du lancement du fonds Impact Green Bond, votre produit phare. Avec le recul, comment le marché a-t-il évolué au cours de cette décennie ?
Cette année revêt une importance particulière pour nous. Nous avons lancé le fonds Impact Green Bond en 2016. Depuis, nous avons développé une véritable stratégie d’impact, veillant à ce que lors du financement d’obligations vertes, nous évaluions non seulement leur performance financière, mais aussi leur impact environnemental. Le changement le plus marquant sur cette période, à mon avis, est la diversification. Au lancement de la stratégie, environ 18 à 20 obligations vertes existaient, presque exclusivement consacrées aux énergies renouvelables. Aujourd’hui, l’univers s’est considérablement élargi, avec des obligations dédiées au autour de la mobilité verte, aux bâtiments durables ou encore à l’efficacité énergétique. C’est là l’évolution la plus significative. |
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Qu'est-ce qui a contribué à votre succès au cours des dix dernières années ?
La confiance dans le marché des obligations vertes, ainsi que la transparence, sont essentielles. Les investisseurs doivent pouvoir comprendre comment leur argent est utilisé et quels impacts il génère. Il est également important de savoir distinguer les « bonnes » obligations vertes des moins vertueuses.
Au-delà de ces éléments, la performance financière de ces actifs compte aussi. Toutefois, l’enjeu central reste l’engagement. C’est un domaine dans lequel Amundi s’est particulièrement distingué : notre capacité à renforcer le dialogue entre les détenteurs d’obligations et les émetteurs.
Le sujet de l'engagement des détenteurs d'obligations semble susciter beaucoup d'attention en ce moment. Comment le groupe Amundi s’est-il positionné ?
Nous disposons d’une équipe dédiée à l’analyse des obligations vertes et sociales, composée de cinq membres, probablement l’une des plus importantes du marché. Grâce à cette équipe d’experts, nous sommes en mesure d’évaluer la qualité des obligations vertes, d’échanger avec les émetteurs, de mieux comprendre leurs rapports, d’améliorer les cadres existants et de faire progresser la standardisation. Notre objectif est également de veiller à ce que les niveaux de transparence et de reporting atteignent les standards les plus élevés.
Plus largement, nous cherchons en permanence à définir des normes qui font de l’investissement responsable une dimension essentielle de toute décision d’investissement. En 2024, nos analystes dédiés ont conduit des échanges sur 245 sujets liés aux obligations vertes, dont 122 portaient spécifiquement sur l’amélioration des pratiques de reporting.
Amundi disposant d’une équipe d’analyse interne, développez-vous vos outils d’évaluation en interne ou faites-vous aussi appel à des prestataires externes ?
Nous développons principalement nos outils en interne. Sur les obligations vertes, nous avons d’abord renforcé nos capacités dédiées, notamment en constituant l’équipe que je viens d’évoquer. Nous enrichissons également notre base de données et nous nous assurons que l’ensemble de ces informations soit accessible à tous les gérants de portefeuille, et pas uniquement à ceux spécialisés dans les obligations vertes. C’est un point essentiel : cela permet d’assurer une véritable transparence, du gérant de portefeuille jusqu’à l’investisseur final.
Vous avez dit « principalement » en interne. Cela signifie-t-il qu’une partie des développements provient aussi de sources externes à Amundi ?
Nous utilisons effectivement certaines données externes à Amundi. Nous collaborons notamment avec l’un des fournisseurs les plus avancés en matière d’analyse des obligations vertes et sociales. Cela nous permet de sélectionner les bons prestataires et d’accéder aux données nécessaires pour éclairer nos décisions d’investissement et permettre à l’investisseur final de rendre compte de notre stratégie.
Comment votre stratégie d'investissement a-t-elle évolué au cours des dix dernières années pour répondre aux besoins du marché et à ses évolutions ?
L’essentiel, avec les obligations vertes, c’est qu’il s’agit avant tout d’une stratégie de taux. Elles permettent de financer et de gérer une poche obligataire dédiée sur un horizon long.
Nous gérerons cette stratégie de manière active autour de deux principaux moteurs de génération d’alpha. Le premier est le positionnement sur les taux – comment nous ajustons notre sous-pondération ou surpondération en duration. Nous portons également attention dans la construction du portefeuille à son positionnement sur la courbe des taux et le crédit.
Nous pilotons aussi activement notre exposition au crédit, en gardant à l’esprit que nos clients investissent dans des obligations vertes. Ils souhaitent avoir l’assurance de la qualité des projets, de la transparence de leur impact, et de notre capacité à traverser les différents cycles tout en démontrant notre aptitude à générer de la performance.
Quelle est la principale tendance que vous observez actuellement sur le marché ?
Plusieurs dynamiques intéressantes sont à l’œuvre actuellement. L’an dernier, nous avons observé un certain recul vis-à-vis de l’ESG. Pourtant, au-delà de ce contexte, nous avons pu constater que les investisseurs sensibles aux enjeux environnementaux restent bien présents. Cela montre qu’ils s’inscrivent dans une logique de long terme et qu’ils continuent d’avoir confiance dans notre capacité à délivrer de la performance.
Une autre tendance marquante : en tant qu’humains, nous dépendons encore fortement des combustibles fossiles, ce qui souligne l’urgence de la transition vers une énergie durable. Cela crée un besoin de financement accru pour de nouveaux produits et solutions.
Nous observons également l’essor de l’intelligence artificielle qui consomme énormément d’énergie. Ce développement renforce la nécessité de s’éloigner des énergies fossiles. Pour le marché, c’est donc une opportunité d’accélérer et de progresser.
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